Le poids de nos décisions

Une détonation au loin fit sursauter les personnes dans cet enclos qui servait préalablement à garder les moutons. Entassés comme des animaux, ils avaient été contraints par les armes à changer de route, eux qui voulaient tant atteindre, cet eldorado – ce pays dans lequel il pourrait gagner de l’argent, beaucoup d’argent- dont ils avaient tant rêvé comme la fin de la pauvreté et de la misère. Ils étaient désormais livrés au bon vouloir de ces hommes sans foi, ni loi pour qui chaque personne présente dans cet enclos, représentait ni plus ni moins qu’un profit financier. « Payez ou regardez les mourir » tel était, le message envoyé aux familles qui avaient pour la plupart, perdu toutes traces de ces êtres qui leur étaient chers. Le prix de la traversée s’annonçait lourd de conséquences. La vie passée au village apparaissait comme un paradis, un paradis qu’ils ne reverraient plus car, ils n’avaient pas les moyens de payer.

« Mademoiselle, mademoiselle, restez avec moi, ne vous endormez pas, restez avec moi » ces mots sortirent Audrée de sa torpeur. En même temps que le voix de l’urgentiste, elle entendait la sirène qui hurlait « t’es foutu, t’es foutu ».  Cette pensée lui arracha un sourire et, la plongea dans ses souvenirs. Jeune, insouciante, insoumise et pleine de vie. La vie déroulait son plus beau tapis devant elle et, elle la lui rendait bien. De toutes les activités qui se justifiaient dans son esprit, elle avait été de la partie. Elle s’était enfermée dans une cage de cristal, repoussant toute lumière qui était contraire à ses idées. Elle n’avait pas vu venir, les conséquences de cette décision guidée par sa chair. Faire un enfant pour montrer qu’elle est femme, pour répondre à son horloge biologique qui lui rappelait que le temps n’attend pas. Elle avait choisi Franck pour ses qualités mais détestait ses défauts. Elle l’avait fait pour répondre à son ego, au monde et dans cette ambulance qui l’accompagnait vers son accouchement prématuré, elle laissa perler des larmes amères.

« Gaston vient ici » il la suivait, avait-il le choix ? Le pincement de son oreille était si douloureux qu’il ne pouvait qu’obéir. Que pouvait-il faire d’autres ? Se rebeller contre sans grande mère qu’il aimait tant ? Elle le conduisait une fois de plus à l’école au forceps car, il l’avait reléguée au second plan. Il voyait son avenir dans la lutte, rêvait de lutte et ne jurait que par elle. Il délaissa l’école pour s’adonner à sa passion, les chevilles fragiles, il ne put faire carrière. Sa vie était désormais faite d’humiliations et réprimandes de son employeur qui, le considérait, comme un moins que rien. Son insouciance l’avait privée de beaucoup. Sa passion avait brisé ses rêves.

Après avoir dit oui à l’assistance, Marjorie chuchotait à l’oreille de d’Octavius : « Mon oui, n’est que le fruit de la présence de cette assemblée ». Ces mots auguraient de lendemain pénibles et difficiles. Sur le moment il ne prit pas conscience, il n’écouta pas le « Warning, Warning » et cela allait le hanter toute sa vie. Il venait comme la culture le demande, dans de nombreux peuples, de demander sa main.  La cérémonie continua son cours mais, c’était déjà le début de la fin. Elle arriva quelques mois plus tard, au détour d’une conversation, des mots choisis pour dire tu te couches et c’est la seule condition. Des mots qui agirent comme un déclic emportant les sentiments et laissant des personnes marquées par le poids des mauvaises décisions.

** Les personnages sont fictifs et si c’est votre histoire, c’est une coïncidence.

 

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