La société qui paupérise !

Le bruit de la détonation le ramena à la réalité. Il venait de recevoir une balle dans la poitrine et s’écroula de tout son poids. La pièce fut vite rempli de policiers qui avaient pour mission de sécuriser cette bâtisse qui a été le témoin d’une prise d’otages. Comment en était-il arrivé là ? Quelques minutes avant, il s’était laissé aller à ses pensées, des pensées nourries par la campagne qui battait son plein sur toutes les chaînes de télévision.

Sa vie avait commencé à défiler devant lui, il voyait son enfance dans ces rues difficiles dans lesquelles, les gosses sont livrés à la violence quotidienne. La drogue, la pauvreté, le crime pour asseoir son territoire, la prostitution pour survivre et se faire du fric et toutes ses autres horreurs qu’il aurait voulu effacer de son esprit. la violence n’épargnait personne et on aurait cru qu’elle y avait élue domicile à chaque coin de rue. Elle s’invitait dans les domiciles du fait de la pauvreté qui régnait dans le quartier. L’horreur faisait place à l’exception ; il était devenu normal d’entendre les coups de poings entre conjoints, de se réunir pour commenter du meurtre sous l’emprise d’une telle ou telle substance, de se vanter de viols en réunions dans les caves et autres appartements abandonnés, passer de longues heures à jouer des jeux vidéos toujours plus violents et obscènes. Il revoit sa première arrestation, elle fut brutale à peine était-il considéré comme une personne. Mis en joue comme un animal et brutalisé sans ménagement, il fut menotté et condamné de manière exprès, il n’avait pas eu droit au chapitre tout était réglé comme une sonate. Son premier séjour carcéral avait eu pour effet, de le radicaliser un peu plus, pour survivre dans ce enfer, il devait se démarquer et il fit le nécessaire pour être craint et respecté.

Pourquoi ses souvenirs alors que sa vie s’en allait tout doucement, surement le dégoût des promesses politiciennes qu’il avait écouté le temps de la prise d’otage. Il en était là parce que ces promesses étaient les mêmes depuis la nuit des temps. De gauche ou de droite, démocrate ou libéral quelque soit la qualité avec laquelle, ils se présentaient la situation dans les quartiers n’avaient pas changée et, d’ailleurs elle s’empirait. Dans ses moments de lucidité, quand il n’était pas sous l’emprise de la drogue, il voyait son quartier s’enfoncer, un peu plus chaque jour. Son cœur hurlait de rage, il pensait qu’il n’en faut pas beaucoup pour sauver un grand nombre. De l’éducation, de l’accompagnement, des opportunités de travail ou pour créer de la richesse. De la considération car ils n’étaient pas des bêtes, non plus des marginalisés ou contre le système, ils essayaient de survivre à leur façon, l’ascenseur social étant bloqué. Il a rêvé plusieurs fois d’avoir accès à un centre de désintoxication, il voulait sortir de l’engrenage de la drogue, il était conscient que chaque jour elle volait son humanité. Il aurait voulu être considéré comme ces autres à qui, on donne une chance pour réussir, à qui on accorde le bénéfice du doute.

Mais il était là, se vidant de son sang, sa vie s’en allait inexorablement, il se rappela des lectures des visiteurs de prison et son esprit pris de remords l’arracha des larmes. Il se rappela d’avoir entendu l’histoire du voleur, qui demanda pardon à la croix. Il fit de même et une paix qu’il n’avait jamais connu, qu’il a vainement chercher dans la violence et autres exutoires l’envahit. Les médecins qui tentaient vainement de le sauver dirent aux policiers, il a souri, son visage s’est décontracté et il s’est endormi pour l’éternité.

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